Gabrielle Benabdallah

Écrivaine / Writer

Une compilation d'articles écrits dans la dernière année pour divers blogs et magazines en ligne. 
A compilation of articles written in the last year for various blogs and online magazines. 

Opéra - Samson et Dalila à l’Opéra de Montréal : oeuvre épique, tragédie géométrique

C’est une histoire de l’Ancien Testament. Samson, héros hébreu, est choisi par Dieu pour libéré les siens ; il fomente la révolution et mène son peuple dans la révolte contre l’oppression philistine. Les Gentils sont tétanisés devant le pouvoir de Samson et les Hébreux prennent la fuite. Dalila, fille du Grand Prêtre de Dagon, dieu païen, jure de séduire Samson et de percer le secret de son pouvoir pour venger son peuple. Le héro hébreux tombe fou amoureux de Dalila et dans un moment d’abandon l

[FR] L’écriture comme miroir : Très brève histoire des signes

Comment  les signes investissent et informent-ils notre rapport au réel, notre façon d’être au monde et avec les autres? Alors que les médias rugissent autour de la récente tragédie de Charlie Hebdo, la question qui me taraude n’est ni politique[1], ni religieuse, mais bien sémiologique. On dit des hommes qu’ils sont dans le langage comme des « poissons dans l’eau », autrement dit inconscients du filtre linguistique qui médit leur vie, s’incarne par chacune de leur pensée et de leur action. Héri

400 Coups: Choisir d’être ici

« Je cherche à enraciner les choses » dit Guillaume, et mentionne à ce sujet l’organisme Cuisine patrimoniale du Québec, qu’il a co-créé et qui cherche à définir et valoriser le patrimoine culinaire de la province. Un patrimoine qui est transmis bien sûr à travers des produits et des plats locaux, mais aussi à travers des histoires d’ici. Guillaume parle de recettes iroquoises perdues, de poisson fumé, d’esturgeon jaune du lac Saint-Pierre (originellement pêché dans le fleuve!) et de son ami et

Omnivore: pour l'amour de manger

De Ségué Lepage du restaurant Le Comptoir à Michael Ruel et Matthieu Gauthier de la brasserie Isle de Garde, en passant par Samuel Pinard de La Salle à Manger, Marc-Alexandre Mercier de l’Hotel Herman, Simon Mathys du Accords et plusieurs autres, cette quatrième édition d’Omnivore a vu des visages familiers défiler mais aussi de nouveaux venus, preuve que ce festival sait conserver des liens forts tout en s’ouvrant à la nouveauté -pour notre plus grand bonheur.

Burger Royal: un nouveau standard pour le burger

« C’est mon ode au fast food burger: on a du fromage américain fait maison [une version homemade des singles de Kraft], des cornichons doux et des oignons marinés ici, la sauce Mille-îles, ou « Big Mac », elle aussi maison. Le pain vient de la boulangerie artisanale le Fromentier, le boeuf de Nordest et le bacon du Boucher fâché, deux producteurs avec qui je fais affaire à travers Provender ». Tout au Burger Royal respire le fast food et pourtant, vous ne trouverez pas un ingrédient qui ne

La ferme Nordest: le secret d’une bonne viande

Roger Raymond et Céline Bélec travaillent en famille. Aidés par leurs fils, David et Mathieu, ils administrent une ferme de 200 vaches et de 1200 acres, en plus d’un magasin à Mont-Laurier et d’un kiosque au marché Jean-Talon. Sur la ferme, ils ne sont que deux à prendre en charge toutes les tâches. « Ça fait beaucoup d’heures » dit Roger, et on imagine sans peine la somme titanesque d’efforts que constitue l’administration de cette terre quasi-ancestrale. Rachetée au gouvernement en 1982, elle

La Rose des Vents: du coeur au ventre

Car il n’y a pas toujours eu que des poulets sur la ferme: wapitis, cerfs rouges, vaches… Mais Jean-Guy a dû restreindre ses activités il y a quelques années suite à une maladie. « Maintenant c’est surtout du poulet, mais on vient aussi d’acquérir 1000 canards de Barbarie, et des pintades. Et des cailles. Mais ça, c’est juste pour le fun » lance-t-il, et on sent qu’il y a chez Jean-Guy et Diane, malgré le travail constant et les problèmes rencontrés, une réelle satisfaction à vivre sur la ferme.

Vices & Versa: Simplement bon

Carl Poulin a travaillé dans plusieurs restaurants avant de se retrouver dans la cuisine du Vices et Versa. « Les propriétaires ont été très ouverts à me laisser changer le menu. Je suis arrivé, j’ai un peu pris le contrôle, et ils m’ont dit: ok, t’es chef… Depuis, je mène ma petite révolution » se rappelle Carl. Une révolution qui a emmené la cuisine des classiques de bar à des plats qui reflètent davantage les produits locaux. « On a encore des burgers et des poutines, mais la viande vient de

Arts Café: Un esprit libre en cuisine

Intense: le mot est adéquat pour décrire Peter et son rapport à sa cuisine: « If you want to be creative and really good, you have to stay focus on what's available. You have to think about the job constantly, and keep your mind on the next best dish, always.» Où trouve-t-il l’inspiration pour ses plats?  Peter me répond sans hésiter: « In my dreams. » Devant mon sourire incrédule, il explique: « I keep a dream journal. I have loose concepts in my mind for a week and everything comes together in

Le Mousso: Création partagée

Rien qu’à voir le compte Instagram d’Antonin, on comprend que sa cuisine lui appartient, qu’il l’investit tant au niveau visuel que gustatif. Mais au-delà du côté très travaillé de ses plats, il y a un désir de partage et de convivialité qui est au coeur du Mousso. Le chef propose en effet une formule peu courante à Montréal, mais qui fera surement de plus en plus d’adeptes: menu fixe de 6 ou 8 services, à prix fixe. « Je veux offrir une expérience, un moment. J’invite les gens à sortir de leur

Isle de Garde: le fort de la bière

L’Isle de Garde est d’abord et avant tout un trip de gang: six amis propriétaires, une équipe qui travaille ensemble avec des tâches bien réparties et une passion commune pour la bière. « Nous avons la même équipe depuis le début » affirme Matthieu Gauthier, responsable de la salle et du service. Cet esprit de collaboration s’étend même en dehors des murs de la brasserie, notamment grâce à des partenariats avec d’autres petits brasseurs : « Nous sommes des gipsy brewers, on brasse nos bières che

Spécial du Jour : Se nourrir d'amour

À notre époque, manger est une affaire qu’on a tendance à compliquer: végétarien ou non ; avec gluten ou non; avec ou sans produits laitiers ; avec poisson mais pas n’importe lesquels ; biologique ou local ?  Ajoutez à cela tout le travail exigé en amont et en aval (faire les courses, prévoir des menus, cuisiner, faire la vaisselle) et on peut vite se retrouver dans une relation amour-haine avec la nourriture.  Si c’est votre cas, peut-être que Spécial du Jour a une réponse à vos dilemmes.

The Body as Ink: A Semiotic Approach to Writing the Theatrical Space with Athol Fugard and the Serpent Players

The study of theatre is often divided between the analysis of its two fundamental elements: text and body, or to use Fugard’s words, “word and action” (Statements ii). But although traditional approaches of theatre study tend to subordinate the body to the text, it is important to remember that theatre’s ‘living’ quality lies in the “constant process of re-creation through transformation which revives old texts in new performances” (Alter 115). Verbal signs are constantly being transformed into performance through the interpretative process, continually undergoing a double shift in function, “from signs to referent, and from referent to new signs” (Alter 119). It is thus the text that should be subordinated to the body, since only through the body’s performance on stage can a new semantic order emerge. In the introduction of his collection of plays Statements, Fugard writes, “I have always regarded the completed text as being only half-way to my ultimate objective –the living performance and its particular definition of space and silence” (Statements i).

Prémisses pour une culture technique: Technologie, intimité et médiation dans Her de Spike Jonze

En entrevue pour le journal britannique The Independant, Spike Jones admet « beaucoup réfléchir à la façon dont [il est] personnellement interfacé avec la technologie tout le temps » et ajoute qu’il voulait faire de son film Her (2013) une œuvre « sur la relation amoureuse ». La question est alors de savoir : de quelle relation s’agit-il ? Car si plusieurs ont vu dans le film de Jonze une métaphore sur les relations interpersonnelles –ce qu’il est sans contredit- j’argumenterais que la force du film réside en la vision très singulière et sensible qu’il transmet sur nos rapports avec la technologie, qui sont des rapports intimes.
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